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"La téléconsultation est une révolution tranquille dans l’art et la façon de pratiquer la médecine"

 

 

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Gynécologue à Paris, le docteur David Elia est un utilisateur heureux de l’agenda Doctolib et de la téléconsultation. Convaincu par les avantages qu’offre ce nouvel outil aux médecins et aux patients, il se veut rassurant : non, la téléconsultation ne va pas remplacer la consultation classique au cabinet. Mais la téléconsultation lui est complémentaire : elle augmente la qualité des échanges et les interactions avec la patientèle. Au quotidien, pour les professionnels de santé, elle apporte un véritable confort de travail. 

 

Lancée en 2018, la téléconsultation a pris son envol pendant la période de confinement et est entrée à cette occasion dans les habitudes des Français. En mai, 41.000 téléconsultations avaient encore lieu chaque jour. Les médecins, plus réticents que les patients, sont de plus en plus nombreux à s’y convertir. Et surtout, ceux qui l’ont essayée lors du confinement ont pour la plupart l’intention de ne plus s’en passer ! “La téléconsultation n’est pas un moyen de fortune, une façon de faire « faute de mieux », c’est une révolution tranquille dans l’art et la façon de pratiquer la médecine”, constate le docteur David Elia. Et il ajoute : “Médecins et patients ont pris goût à cette nouvelle façon de communiquer et de faire de la médecine”.

 

 

La preuve en quatre questions.

 

Vous pratiquez la consultation vidéo depuis plus d’un an maintenant. Quels avantages trouvez-vous à la téléconsultation ?

J’en vois principalement trois, en termes de suivi du patient, d’amélioration du confort de travail et de rémunération. La téléconsultation est d’abord un outil qui permet d’augmenter l’interactivité qu’on peut avoir avec les patients. Elle facilite la convivialité et la communication, permet un accès plus rapide à la consultation, donne une nouvelle dynamique aux relations avec nos patients. Les patients peuvent consulter sans avoir à se déplacer, nous pouvons leur proposer des délais plus courts - même si je pense que bientôt, les créneaux en téléconsultation pourraient être pris d’assaut peut-être plus vite que ceux en présentiel ! 

 

Les médecins le savent bien : tous les motifs de consultation ne nécessitent pas forcément un examen et certaines choses peuvent tout à fait se faire à distance. À nous et à nos patients de faire un choix intelligent pour savoir ce qui peut et ne peut pas se faire en téléconsultation. Avoir le choix entre présentiel et téléconsultation apporte un confort au patient et au praticien. Je prends mon cas : le samedi, je ne travaille pas, je ne vais pas au cabinet. Mais j’ai ouvert 2 heures en fin de matinée en téléconsultation. Ça ne me dérange pas plus que cela parce que je suis chez moi et que je rends service à mes patientes qui savent apprécier cette nouvelle offre et m’en sont reconnaissantes. Ça ne lèse pas non plus l’emploi du temps ma secrétaire dont la présence est ici superflue. 

 

Quant à mes confrères qui se déplacent pour les visites à domicile : que de temps gagné pour eux lorsque l'examen n’est pas nécessaire ! Enfin, avec la téléconsultation, tout le travail accompli peut-être rémunéré. Je pense surtout aux généralistes, pédiatres…  qui souvent gardent un créneau quotidien de communications téléphoniques pour répondre aux messages, renouveler les ordonnances, rassurer les patients. Ce temps-là, important, quotidien, n’est traditionnellement pas payé. Avec la téléconsultation, ils peuvent le tarifer, quelques euros, selon ce qu’ils jugent dû.

 

Ce mode de consultation ne risque-t-il pas, à terme, de se substituer à la consultation en face à face ?

On a appris à la Fac à faire nos consultations en présentiel. “Bonjour Madame, asseyez-vous… racontez moi …je vais vous examiner…”. Et ce « Gold Standard » de la pratique médicale n’est pas près de disparaître !  La téléconsultation c’est certes une nouvelle façon de communiquer, de faire de la médecine, de poser un diagnostic, mais qui ne remplacera pas bien sûr pas le « face à face ». Par contre elle la complète. J’entends certains confrères me dire “je n’aime pas”, “je ne ferais pas la même médecine, je ne donnerai pas les mêmes conseils”, “je ne serais pas aussi bon qu’en présentiel”... Pourtant on ne dit, on ne fait ni plus ni moins de bêtises en téléconsultation qu’en présentiel. L’examen reste une part importante de notre quotidien et il n’est pas possible ici, mais tout le relationnel, tout l’interrogatoire peut se faire très efficacement à distance. Et si un médecin considère qu'il ne peut pas avancer en téléconsultation, il peut toujours demander au patient de venir consulter au cabinet. D’ailleurs les patientes savent pour la plupart d’emblée ce qui peut être fait en téléconsultation ou non. Et je pense que leur perspicacité augmentera au fur et à mesure que patients et praticiens s'approprieront ce mode de consultation. Je plaide donc ici fortement pour que cette nouvelle option de consultation soit enseignée aux futurs médecins à la Faculté et à leurs aînés  en formation post universitaire. Beaucoup de mes confrères, auparavant hostiles à la téléconsultation et l’ayant depuis pratiquée pendant le confinement l’ont trouvée utile. Ils vont pour beaucoup continuer : il suffit sans doute d’essayer pour l’adopter ! La téléconsultation n’est pas et ne doit pas devenir concurrentielle avec la consultation présentielle : c’est un outil de plus dont disposent aujourd’hui les patients et leurs médecins pour augmenter encore la qualité des soins.


Dans une consultation, il y a ce que le patient veut bien nous dire, oralement. Mais il y a aussi tout ce qu’il ne dit pas, tout ce qu’il exprime via ses gestes, sa posture, ses expressions. La téléconsultation permet-elle de décrypter cette communication non verbale ?

Ces gestuelles, ces mouvements inconscients des membres, la façon de s’asseoir, etc. …, si importants à nos yeux pour saisir la personnalités et l’état émotionnel présent de nos patients sont loin d’être masqués même s’ils sont plus compliqués à saisir. Mais ce qui se passe dans les yeux du patient, ses mimiques, le timbre de sa voix, ses émotions restent fidèlement transmis à l’écran. Le moment du questionnaire débutant la consultation à la recherche des antécédents, qui précise la raison de la consultation est un moment privilégié : au-delà des mots échangés, c’est le précieux moment pour nous de nouer le contact, de savoir à qui on s’adresse, de confirmer tacitement par l’écoute particulièrement attentive que l’on va répondre aux attentes exprimées… Or la téléconsultation n’élude pas du tout cette phase de la consultation voire même lui permet de durer puisque sans examen physique ce sont les questions que l’on pose et les réponses recueillies qui ont maintenant la vedette. Un bon interrogatoire en médecine c’est indispensable, certes pour avancer sur le chemin du diagnostic et de la thérapeutique. Mais c’est aussi une des clés magiques à notre disposition pour nouer un contact affectif de meilleure qualité qui finalement améliorera la qualité de réponses données aux patients et… son adhérence aux divers conseils et traitements proposés. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je suis peu enthousiaste à l’idée de demander aux patients de remplir, seuls, un auto-questionnaire avant une consultation qu’elle soit présentielle ou en téléconsultation.

 

Jusqu’où peut évoluer la téléconsultation et, plus largement, la télémédecine ?

La crise du Covid-19 a eu au moins la conséquence positive d’élargir l’usage de la téléconsultation et d’autoriser les médecins à prendre en charge des patients inconnus jusqu’ici - ce qui n’était pas autorisé jusque-là, avec la barrière des 12 mois mise en place à l’origine. Certes, à priori, la téléconsultation est d’autant plus aisée à pratiquer que l’on a déjà noué une relation de confiance avec le patient, qu’il vous connaît et qu’on le connaît. Mais je confirme pour l’avoir vécu de nombreuses fois que ce capital confiance peut indéniablement être acquis lors d’une téléconsultation avec un tout nouveau patient, lequel sera bien sûr reçu ultérieurement en consultations présentielles après avoir expliqué, rassuré, prescrit éventuellement des examens complémentaires en amont.

Par ailleurs et pour finir, n’oublions pas que dans un avenir proche la téléconsultation se révélera sans doute aussi une brillante solution au douloureux et jusqu’ici non résolu problème des « déserts médicaux ».

Enfin la télémédecine sera la prochaine grande étape à notre portée : téléexpertise entre 2 ou plusieurs praticiens (j’en rêve avec la présence du patient !), médecine d’urgence, télésurveillance à domicile ou en EHPAD, objets connectés, adressage par un « tiers de confiance » (par un pharmacien, une infirmière, un kiné).

 

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Retrouvez le webinar du Dr. Elia ci-dessous

 

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